Quelques albums favoris dans le Jazz ou comment j’ai commencé à explorer le Jazz en Vinyl.

Sans vouloir prétendre être un grand connaisseur du Jazz j’ai développé un goût pour le genre depuis mon retour au vinyl il y a quelque années et particulièrement pour le Hard Bop.
Mes premier achats dans le jazz datait de ma période CD des années 90 se limitait à quelques grands noms Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Nina Simon et quelques  contemporains comme Bet.E & Stef, Diana Krall.  Mais il me manquait un premier vinyl de jazz.

J’ai découvert Sonny Clark chez Beatnicks Record par hasard.  La pochette de « Cool Struttin' »(Blue Note 1588)  a attiré mon regard.  La discussion avec l’employé sur les mérites de cet artiste et cet album que je ne connaissait pas m’a ensuite convaincu de le prendre le risque.
C’est devenu l’un de mes albums favoris (Tout genre confondu), ce qui m’a emmené à acheter d’autres albums de Sonny Clark par la suite.
Cet un album que je conseille car très accessible pour quelqu’un qui s’essaye au Jazz pour la première fois.  Chacun des morceaux sont excellents.  On ne peut qu’aimer le talent de pianiste de Sonny Clark et la virtuosité des musiciens qui l’accompagnent.
J’aime particulièrement Blue Minor sur la face A.  Mais la pièce titre est très belle aussi et réussi à créer un atmosphère qui évoluera tout au cours des 4 pistes. Sur la face B,  « Sippin’ At Bell » est une composition de Charlie Parker basée à l’origine sur un 12 bar Blues et qui commence sur une petite passe de batterie avant d’embarquer sur la trompette d’Art Farmer et le reste de l’orchestre.  Le Sax de Jackie McLean qui arrive en millieu de chanson est excellent et donne la répartie à la trompette d’Art Farmer pendant que Sonny Clark prend du recul pour leur laisser le devant de la scène. Enfin tous trois laisse la place à un petit duo rythmique entre Chambers (qui joue de l’archet sur sa basse) et Jones à la batterie et quelques notes très discrètes de piano avant de revenir à l’avant scène pour une finale endiablée.  Enfin on termine tout en beauté sur Deep Night.

Mon second achat, « Blue Train », aussi acheté chez Beatnick (Blue Note ST-81577), fait partie de presque toutes les listes d’albums jazz essentiels publiées sur le web. J’ai acheté une édition Stéréo chez Blue Note qui venait avec une copie CD (Pratique pour l’auto).  Je crois qu’il y avait plusieurs pressage différents ce jour là dans les bacs, dont un mono, mais à l’époque je ne portait pas encore attention à ces détails.  J’ai aimé Coltrane mais encore plus la virtuosité du batteur.  Il y avait certaines similitudes avec « Cool Struttin' » dans la section rythmique.

C’est que Paul Chambers à la basse et Philly Joe Jones à la batterie (qui ont un jeu bien reconnaissable) se retrouvaient aussi sur « Cool Struttin' ».  Comme j’avais aimé l’orchestre
sur le premier album j’ai pu apprécier et apprendre à reconnaître à l’oreille des musiciens que j’allais apprendre à aimer sur ce second album et sur le troisième que je me suis procuré.

Sur la Face A on retrouve la pièce titre qui est excellente et vous transporte dans un atmosphère enfumé de café jazz de la fin des années 50 à New-York ou Paris.  « Moment’s Notice » est plus éclatée, plus enjouée. La face B continue sur la même lancée très rythmée avec « Locomotion ».  On tombe ensuite dans un jazz lent et sentimental avec « I’m Old Fashioned » (Le seul morceau qui n’est pas une composition de Coltrane).  Et on termine avec « Lazy Bird » dont j,aime particulièrement le petit solo de basse de Paul Chambers à l’archet.

Ensuite, comme Miles Davis est un incontournable du Jazz, je me suis aventuré du côté du Miles Davis Quintet.  Oh surprise! Chamber, Jones et Coltrane font partie de l’orchestre sur le disque « Workin’ with the Miles Davis Quintet » (Prestige 7166).  Et c’est en écoutant cet album que j’ai fait mon rapprochement avec les deux premiers.

Ça commence tout en douceur avec la superbe ballade « It never Entered My Mind » avec des notes de piano de Red Garland et la trompette de Miles Davis qui m’a fait ici une première impression favorable. On pourrait s’imaginer marcher sous la pluie le soir dans une rue de New York afin de se rendre à un de ces bars de jazz de l’époque.

« Four » est plus enjouée, et une excellent seconde piste.  La face A se termine sur « The Theme (Take#1) » courte improvisation qui se termine de façon théâtrale.

La face B s’entame sur Trane’s Blues (Très beau solo de Coltrane), le trio ryhthmique de Chambers (Basse), Jones (Batterie) et Red (Piano) construit une fondation solide qui permet aux deux solistes Davis et Coltrane de briller et de s’éclater. Et pourtant ces derniers sont capable de s’absenter l’espace de quelques minutes pour permettre aux trois autres de briller à leur tour en montrant tout leur savoir faire à l’auditeur ravis que je suis. Et ça continue en beauté sur les premières notes d' »Amhad’s Blues », « Half Nelson » pour se terminer sur un plus court « The Theme (Take#2) ».  On en redemande encore et on se demande où puis-je retrouver ces cinq musiciens à nouveau.

Workin’ fait partie d’une suite de 4 albums enregistrés en 1956 et parus au cours des années suivantes dont Cookin’, Relaxin’ et Streamin’ with the Miles Davis Quintet.   Ce sont donc 3 autres albums à acquérir et écouter lorsqu’on a aimé ce groupe de musiciens.

On peut aussi retrouver tous les 5 sur « Miles Davis and the Modern Jazz Giants » qui nous fais découvrir un autre grand nom du Jazz Thelonious Monk (Si l’on ne connait pas encore).  Enfin, Red Garland, John Coltrane et Paul Chambers se retrouvent sur « John Coltrane and the Red Garland Trio »

Enfin pour continuer dans la veine de Cool Struttin, « Sonny Clark Quintets » avec Art Farmer, Philly Joe Jones et Paul Chambers.  Ces deux derniers se retrouvent aussi sur les deux précédents soit « Sonny Clark Trio » et « Sonny’s Crib » qui inclus aussi John Coltrane.

Pour aller plus loin avec Miles Davis,  libre à vous d’explorer son oeuvre dans toutes ses périodes mais je recommande « Ascenseur pour l’Échafaud », et « Kind of Blue » avant « Sketches of Spain » .Issue d’une collaboration avec Gil Evans, « Sketches of Spain » est un album qu’on peut considérer d’incontournable, mais il faut aimer la musique traditionnelle espagnole et les grandes orchestrations Classique pour pleinement l’apprécier.  Je ne pense pas que qu’il soit aussi accessible, bien que ce soit un très bon album.  L’adaptation du célèbre « Concerto D’Aranjuez » de Miles Davis et Gil Evans est très belle.

Ascenseur pour l’échafaud est la trame sonore du classique film de Louis Malle enregistrée à Paris au cours de la nuit du 4 au 5 décembre 1957.  Des extrais du film furent projetés pour le bénéfices de Miles Davis et ses musiciens qui improvisèrent librement la musique devenue depuis célèbre.  « Jazz Track » est édition neuve que je conseillerais (à moins que vous ne trouviez une copie d’antan ou que vous soyez capable de mettre la main sur la superbe réédition en 10" chez Sam Records en France).

« Jazz Track » (Columbia CL1268 Mono) qui contient sur la face A la trame sonore complète et sur la face B de nouvelles compositions enregistrées avec les musiciens du sextet qu’il retrouvera sur Kind of Blue dont Paul Chambers à la basse et John Coltrane au sax.  Enfin, avec cet album on quitte le hard bop et on entre de plein pied dans la période modal de Miles Davis.

Pas besoin d’avoir peur du Jazz, c’est un genre de musique très accessible mais on peut s’y perdre facilement parmis ses nombreux sous-genre et mouvements.  Mais on peut y faire de belle découvertes en explorant le catalogue individuel d’artistes qu’on a aimé.  Il suffit de commencer par un titre qu’on a aimé et de suivre à la trace le parcours des musiciens y ayant collaboré.

Enfin j’espère que vous avez aimé mon petit tour d’horizon du Jazz.  J’essayerai d’explorer avec vous d’autres albums et artistes de Jazz dans de futures rubriques.  Entre autre du côté Bossa Nova avec Get/Gilberto et Quincy Jones.

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